La Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria et le Cameroun ont franchi une nouvelle étape dans la gouvernance de la filière cacao en Afrique. Réunis le 14 juillet 2026 à Abuja, les quatre principaux producteurs africains ont signé la « Déclaration d’Abuja », donnant naissance à l’Alliance pour la valorisation du cacao. Cette initiative vise à renforcer la transformation locale des fèves et à parler d’une seule voix face aux acheteurs internationaux.
À eux seuls, ces quatre pays assurent près des deux tiers de la production mondiale de cacao. À travers cette alliance, ils ambitionnent de rompre avec un modèle économique largement fondé sur l’exportation de fèves brutes, afin de développer davantage d’industries locales produisant du beurre de cacao, de la poudre et du chocolat.
Le sommet, placé sous le thème « From Bean to Brand » (« De la fève à la marque »), a été organisé par le ministère nigérian de l’Industrie, du Commerce et de l’Investissement. Les participants ont convenu d’harmoniser leurs politiques de production, de renforcer les normes de qualité et de coordonner leurs stratégies commerciales afin d’améliorer leur pouvoir de négociation sur le marché mondial.
L’un des principaux dossiers abordés concerne le Règlement européen sur la déforestation (EUDR), dont l’entrée en vigueur est prévue le 30 décembre 2026. Les quatre États souhaitent défendre une position commune afin d’obtenir la reconnaissance de leurs systèmes nationaux de traçabilité et d’éviter que les coûts de mise en conformité ne soient supportés par les petits producteurs.
L’Alliance d’Abuja entend également accélérer les investissements dans la transformation industrielle. À ce titre, un projet d’usine de transformation d’une capacité de 70 000 tonnes est annoncé à Sagamu, dans l’État d’Ogun au Nigeria, avec une mise en service prévue en 2027. Ce projet illustre la volonté des pays membres de créer davantage de valeur ajoutée sur le continent.
Premier producteur mondial de cacao avec environ 40 % de l’offre mondiale, la Côte d’Ivoire voit dans cette alliance un instrument stratégique pour consolider sa position sur le marché international. En renforçant la coopération avec le Ghana, le Nigeria et le Cameroun, Abidjan espère peser davantage dans les négociations avec les grands industriels du chocolat et encourager de nouveaux investissements dans la transformation locale.
Les prochains mois seront consacrés à la mise en place des mécanismes de coordination de l’Alliance d’Abuja. La première épreuve sera la réponse commune au règlement européen, qui pourrait redessiner les échanges commerciaux entre les producteurs africains et les marchés internationaux.
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